Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur par Lee

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.
320 pages


 

Relecture dans le cadre du Reading classics challenge 2019. Harper Lee était au programme du mois de Mars (oui, j’ai plus d’un mois de retard dans mes lectures ^^’). J’adore ce livre, qui est parmi mes favoris. Pour bien comprendre ce livre il faut savoir qu’il a été publié en 1960, en plein dans la période de lutte pour l’égalité des droits civiques entre blancs et noirs. Il a fait beaucoup de bruit et a eu un gros impact lors de sa sortie. Il a d’ailleurs reçu le prix Pulitzer en 1961.

L’histoire raconte la vie de Scout, la narratrice, petite fille de 6 ans au début du livre. Scout et son grand frère, Jem, sont élevés par leur père : Atticus Finch, avocat du village, et par leur gouvernante Calpurnia. On suit donc Scout, ses pensées, ses jeux avec Jem et leur copain Dill. Leur plus grand objectif est de réussir à faire sortir leur voisin Boo Radley de chez lui car celui-ci n’est pas sorti depuis des années et les enfants le pensent séquestré par ses parents. Je me retrouve beaucoup dans Scout, qui me rappelle moi au même âge avec son esprit aventureux, son imagination débordante, son côté garçon manqué et son idéal de justice et d’égalité, elle a aussi l’esprit un peu rebelle. Cette partie peut sembler longue car on ne voit pas forcement où l’auteure veut nous emmener, mais moi j’ai adoré, il faut dire que les récits d’enfance, comme Petit pays de Gael Faye, ou La gloire de mon père de Marcel Pagnol, c’est mon truc.

Ensuite, je dirais presque qu’il y a une deuxième partie dans ce livre quand on arrive au procès. Atticus est commissionné pour défendre Tom Robinson, un noir accusé d’avoir violé une femme blanche. Pour l’époque, c’est déjà bien qu’il y ait un procès et que Tom n’ait pas été abattu tout de suite, donc autant vous dire que ce cas ne va pas être une mince affaire. Le jour du procès, on suit Scout et Jem dans la salle d’audience, le récit monte en tension, le suspens est insoutenable, je n’ai pas levé les yeux de ma lecture pendant tout ce passage. Et ce suspens est maintenu jusqu’à la fin du roman. Dans cette partie du livre, l’autrice expose et dénonce le racisme et la condition des noirs dans cette Amérique de la grande dépression. On est choqué, outré par les réactions des villageois. Le message, transmis par Scout, est un message d’égalité, de tolérance et de respect entre tous les hommes. Elle montre aussi que c’est la société qui crée le racisme car les enfants, eux ne le comprenne pas, ils sont encore « purs ». Harper Lee dénonce aussi l’endoctrinement la rigidité de cette société pleine de préjugés. Scout doit rentrer dans des cases et respecter les codes dans cette société ultra conservatrice. Il y a aussi un message féministe car Scout est bien loin des standards de la petite fille modèle.


– Tu défends les nègres, Atticus ? lui demandai-je le soir même.
– Bien sûr. Ne dis pas « nègre », Scout, c’est vulgaire.
– Tout le monde dit ça, à l’école.
– Désormais, ce sera tout le monde sauf toi…
– Eh bien, si tu ne veux pas que je parle de cette manière, pourquoi m’envoies-tu à l’école ?


J’adore la logique implacable de Scout et je ne me lasse pas de relire ses paroles. Atticus est un homme admirable de moral, d’éthique et de courage. Il est juste, droit mais un brin mystérieux aussi. J’aime beaucoup ce personnage, entièrement dévoué à son métier et à ses enfants.


– On va gagner Atticus ?
– Non, ma chérie.
– Alors pourquoi…
– Ce n’est pas parce qu’on est battu d’avance qu’il ne faut pas essayer de gagner.


En bref, ce roman nous plonge dans un petit village de l’Amérique profonde à l’époque de la grande dépression. C’est un récit d’enfance, mais pas seulement, il dénonce également le racisme et l’injustice envers les noirs. J’adore l’écriture de Harper Lee, et je trouve ce livre très beau. Pour moi il fait partie de ces livres que l’on adore et que l’on voudrait que tout le monde lise autour de nous. C’est d’ailleurs encore aujourd’hui un des livres les plus lus et les plus appréciés de la littérature américaine.

 


Atticus, tu dois te tromper… ? – Comment cela ? – Et bien, la plupart des gens semblent penser qu’ils ont raison et toi non… – Ils ont tout à fait le droit de le penser, et leurs opinions méritent le plus grand respect, dit Atticus, mais avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité, est la conscience de l’individu.

Le courage, c’est savoir que tu pars battu mais d’agir quand même sans s’arrêter. Tu gagnes rarement, mais cela peut arriver.


 

Est-ce que vous connaissez ou avez lu ce livre ?

 

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11 commentaires sur “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

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  1. J’ai essayé mais je n’ai pas réussi à continuer. Je me suis perdue dans la première partie en me demandant quand ça allait démarrer et ça m’a beaucoup frustrée car ce livre est encensé. Je devrais réessayer car je sais que parfois c’est juste une question de timing. « Rebecca » de Daphné du Maurier m’était aussi tombé des mains avant que je lui redonne une chance des années après et c’est un de mes livres préférés à ce jour…

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