Les thés africains – Atelier Unami

Southern Africa GI adoption a step closer as Rooibos wins ...

Dans la série des ateliers proposés par la boutique Unami, je vous présente la session découverte des thés africain animée par María. J’ai décidé de diviser mon article en 2 pour qu’il ne soit pas trop long, aujourd’hui je raconte ce que j’ai appris sur l’histoire et la culture du thé en Afrique. Je ferai un article sur les différents thés que l’on a dégusté un peu plus tard :D.

UN PEU D’HISTOIRE

Avant cet atelier, je crois que je n’avais encore jamais goûté de thé africain. Dans ma tête thé d’Afrique rimait avec thés noirs bien corsés, pas forcéent très fins… C’était très réducteur et je me trompais grandement… En effet, ce continent a une mauvaise image dans l’esprit du grand public, de nombreuses personnes (dont moi avant) pensent que les thés produits sont de moindre qualité, du type CTC (Crush Tear Curl, c’est la méthode utilisée pour transformer le thé sous forme de feuilles broyées en toutes petites perles, le genre de poudre que l’on trouve dans les sachets). Assez peu reconnue, l’Afrique est pourtant le 3e plus grand producteur de thé dans le monde et comme je l’ai découvert grâce à cet atelier, de très bons thés y sont produits. Les pays producteurs, dont les principaux sont le Kenya, le Malawi, se trouvent le long de la vallée du grand Rift qui comprend une longue chaîne de volcans courant de l’Ethiopie jusqu’à l’Afrique du sud. Ces pays bénéficient de la terre volcanique riche en minéraux, et donc propice à la culture agricole.  En dehors de cette vallée, quelques pays produisent également du thé en Afrique de l’ouest, comme le Togo ou le Cameroun.

Le berceau du thé est indéniablement l’Asie (la Chine, puis le Japon), alors pourquoi l’Afrique s’est-elle mise à la culture du thé ?
Avant les années 50, les chinois exportaient la quasi totalité de leur thé. Mais de nos jours, ils le gardent de plus en plus pour leur propre consommation. Il est ainsi de plus en plus difficile d’exporter du thé de grande qualité. Ce manque a gagner a laissé la place à l’Afrique de développer son marché. Ce sont surtout des investisseurs chinois et indiens qui ont lancé les plantations sur le sol africain pour répondre à la demande du marché Européen.

Kenya’s tea industry compromised by labour cost inflation ...

Le thé fût introduit en Afrique du Sud par les Portugais au début du 17e siècle, dans la région de Kwazulu Natal. Dans un premier temps, les théiers furent plantés comme espèce botanique (c’est à dire juste pour faire la déco et pour tester si cette espèce pouvait s’adapter aux conditions climatiques rudes de ce continent). La première « vraie » plantation de thé vit le jour au Malawi à la fin du 19e siècle grâce à des presbytériens écossais. En 1903 le thé fût introduit au Kenya qui est actuellement le plus gros producteur d’Afrique et 3e mondial avec une production de 300 000 tonnes par an. Si le Camellia sinensis était le premier arrivé en Afrique, aujourd’hui l’espèce la plus répandue est le C. assamica, beaucoup plus résistante. 

Dans les années 50 les indiens ont introduit de grandes lignes de production mécanisées pour augmenter le rendement des récoltes et ainsi être en mesure de répondre à la demande des grands groupes de thé européens comme Unilever. La production était donc majoritairement du thé de basse qualité, utilisé pour les thés en sachets ou en base de thés glacés, d’où, je suppose, la mauvaise réputation de l’Afrique concernant la qualité de ses thés. Mais la plantation du thé ne se limite pas à ce type de culture et de procédés. En Afrique australe, les plantations collaborent avec les centres de recherche agronomique pour développer des variétés de théiers adaptés aux conditions climatiques et aux nuisibles locaux. Le climat est rude avec une alternance entre périodes de sécheresse et de d’inondation. De plus, le temps n’est pas le seul obstacle à l’agriculture, un des pires fléau est un petit moustique qui pique les bourgeons, stoppant leur croissance, un problème plutôt embêtant, vous en conviendrez. Mais la recherche et la nature ont réponse à tout. Les chercheurs ont trouvé une variété résistante à cet insecte: C. sinensis var. China JAT. Ils ont également trouvé des goyaviers capable de se défendre en réagissant à la piqûre par la production d’une substance collante qui emprisonne le moustique. En plantant des goyaviers autour des plantations de thés et dans les couloirs du vent, ils limitent la présence des moustiques sur les théiers. Depuis les années 60 de nombreux producteurs africains sortent de la production de masse pour développer des thés de haute qualité, ce que l’on appelle les thés de spécialité. La recherche agronomique pour améliorer les techniques de production et de culture est également très active. La richesse et la diversité des thés africains les rendront rapidement incontournables dans les années à venir. 

Avant la dégustation

A la fin de l’atelier 😀

Je vous parle bientôt de ces supers thés que l’on a dégusté…

Et vous, vous avez déjà bu des thés africains ?

4 commentaires sur “Les thés africains – Atelier Unami

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  1. Malheureusement, je n’ai pas le souvenir d’avoir goûté des thés africains mais j’ai vu visiter une fabrique ainsi qu’une plantation au Sri Lanka. C’est assez fascinant même si « dur » de voir les conditions dans lesquelles les personnes récoltent les feuilles…

    Aimé par 1 personne

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